ELOGE DE L’IVRESSE – Plaidoyer pour « un jeu maitrisé »
De nos jours, on se refuse à parler de cette composante directe du vin qu’est l’ivresse.
On préfère se réinventer une culture autour du vin faite de patrimoine agrémentant des paysages remarquables sur lesquels s’opère un savoir -faire ancestral (le terroir a su un jour parler à des vignerons aux mains calleuses)…
L’oenotourisme et les routes des vins, champêtres forcément, feront bien le reste!
Autant de mots bien loin du temps où boire était une simple affaire d’euphorie.
Sauf qu’il n’existe pas de société sans qu’elle ne connaisse de moments d’ivresse, d’origine viticole ou autre. On ne peut pas supprimer l’ivresse. Il faut juste aller vers le raisonnable, vers le « jeu maitrisé ».
On ne peut pas devenir adulte sans transgression.
On doit mettre des interdits tout en sachant qu’ils seront transgressés. Et c’est bien tout le problème de ceux qui sont chargés de faire respecter l’ordre.
Sachant que si l’on interdit certains rites d’initiation, d’autres seront forcément créés…
La consommation de vin, contrairement à celle d’autres alcools, constitue le début d’une forme de socialisation dans la vie familiale ou professionnelle, un signe d’intégration.
Elle demande une forme de compétence (et un certain pouvoir financier…)
Eduquons les jeunes à boire du vin; apprenons-leur le risque qu’ils prennent à être saouls.
Car l’ivresse génère de la culture quand elle est négociée, quand le risque qu’elle fait courir est calculé, dosé.
Cette négociation du risque d’être saoul était un socle de culture; elle doit l’être, elle l’est encore mais aujourd’hui, elle est cachée : on est dans LE NON-DIT.
Dommage!

16 juin 2009 
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